25.11.2009

Un verre, ça va... Trois verres...

Ed nous a proposé le sixième défi d'écriture à partir de quatres photos que vous trouvez sur son blog. Et voilà ce que ça donne...

alcool2.jpg
"Encore une journée merdique qui commençait... Je n'avais pas ouvert les yeux que la migraine avait déjà pris possession de ma tête. Une odeur de naphtaline emplissait mes narines, je sentais, sur mon corps nu ( ?), des draps revêches. Mais qu'avais-je bien pu faire la veille au soir et où étais-je ? Je n'avais aucun souvenir et n'osais pas ouvrir les yeux. Quelque chose remua et grogna à mes côtés, soufflant comme un cochon sauvage. Je n'avais pas vraiment le choix, je me résolus à entrouvrir les paupières. J'eus un instant de panique, un espèce d'immonde pachyderme au sexe indéfinissable (tant que je n'aurais pas soulevé très légèrement l'épais tissu de coton qui servait de drap pour vérifier que c'était bien une femme) ronflait à quelques centimètres de moi, j'en avais des sueurs froides... Sa bouche édentée et ouverte soufflait une odeur fétide à mon visage. Je tombais du lit mais me retint de crier, surtout ne pas réveiller l'animal qui sommeillait... J'attrapais et enfilais mon caleçon qui traînait par terre, mais aucune trace du reste de mes affaires. Un rapide coup d'œil à la chambre me suffit pour me faire une idée de la personne qui habitait ici, les images pieuses posées sur d'horribles vases en vieille porcelaine parlaient d'elles mêmes. Il me fallait fuir au plus vite. J'ouvrais une porte et entrais dans une salle de bains crasseuse aux robinetteries d'une autre époque. L'endroit n'incitait nullement à la toilette, mais mon tee-shirt était là, posé sur le rebord du lavabo. Je l'attrapais et l'enfilais à la hâte, avant de ressortir dans le couloir. Cet appartement ressemblait plus à une tanière qu'à un endroit civilisé. Le moindre recoin était sale, poussiéreux et encombré de divers objets religieux et mystiques. Une sorcière sur son balai pendait du plafond, des nains de jardins gardaient l'entrée de chaque pièce... Je retrouvais mes bottes appuyées sur un crâne humain que l'on avait affublé d'un bonnet d'hiver, juste à côté d'une citrouille qui pourrissait. Enfin, près de la porte d'entrée, je retrouvais mon jeans et ma veste. Je n'allais pas demander mon reste, et je sortis dans la rue alors que j'étais à peine habillé, je n'avais qu'une envie, fuir le plus vite et le plus loin possible. Un coup d'œil à droite et j'aperçus ma petite voiture grise bien garée devant une boutique aux murs jaunes, les clés se trouvaient toujours dans ma poche, je démarrais sur les chapeaux de roues en me promettant de ne plus jamais toucher une goutte d'alcool."

20.07.2009

L'été a commencé...

camping-car_occasion__a194546.jpegLa chaleur de cette journée d’été ensoleillée, semblait ralentir le mouvement général de la foule. Les gens allaient et venaient, mais bien plus doucement qu’à l’habitude. Ils se déplaçaient de façon léthargique, tels des mollusques ensuqués par la chape de  plomb qui s’abattait sur leurs coquilles vides. Des empégués, comme on dit ici… Je m’étais installé à la terrasse d’un vieux troquet, au milieu des alcooliques habitués des lieux, ceux-ci avaient bien du mal à demeurer anonymes… Néanmoins, je passais relativement inaperçu, avec mon vieux jeans troué et mon tee-shirt crasseux. Ma barbe naissante me donnait encore un peu plus, de cet air négligé qui sied aux paumés, je me fondais dans cette masse populi que j’exécrais depuis toujours.  J’étais en chasse, à l’affut du moindre signe qui me dirait que c’était le bon moment de passer à l’action. En attendant, j’avais commandé un panaché que je sirotais bien frais.

Je pouvais reconnaître les nombreux touristes à la population locale. D’une part, ils avaient tous, plus ou moins, le nez en l’air et l’appareil photo en bandoulière, ils étaient les seuls, assez fous, pour presser le pas ou engueuler leurs mômes par cette chaleur torride. Autre signe de distinction, la peau délicate des « blancs blancs » était rougie par les ardeurs du soleil. Le pire, c’était les étrangers venus du grand nord, ceux là arboraient fièrement les chaussettes dans les sandalettes… Je les déteste encore plus que les autres, ils m’insupportent de par leur unique présence.

Un couple d’énergumène passait justement devant moi alors que j’en étais à ces réflexions. Je sus que c’était eux,  qu’ils paieraient pour les autres, tous les autres… Je laissais trois euros sur la table et leur emboîta le pas. Ils s’extasiaient de façon démesurée devant la plus petite et ridicule fontaine, se prenant tour à tour en photo. Ils ne devaient pas être loin de la retraite, s’ils ne l’étaient pas déjà. Je les aiderais bientôt à rejoindre un peu plus rapidement leurs chers ancêtres disparus, la société aurait deux retraités de moins sur les bras. C’est ce qui me faisait avancer, débarrasser le monde de tous les nuisibles, les inutiles, les sans quelque chose, sans papier, sans travail, sans domicile, mais toujours avec allocations, aides en tous genres. Des parasites qui ne servent à rien et qui nous coûte un maximum de pognon, je ne supporte pas de me lever tous les matins et de voir toute cette oisiveté aux frais du contribuable. Ils paieraient tous, petit à petit, ma quête serait longue, mais je savais que j’avais cette mission à mener à bien.

Le couple de vieux s’arrêta quelques instants, pour se reposer, en se jetant des regards langoureux, c’était à gerber… Je faisais mine de m’intéresser aux vitrines, les gardant à portée de vue, mais je ne m’approchais pas trop, il me fallait rester discret. Je passais ainsi mon après-midi, attendant l’instant propice pour passer à l’action. Il vint enfin, en fin d’après-midi, après s’être arrêtés pour se désaltérer, les deux vieux prirent la route de l’ancien lycée, le parking au bout de l’impasse était quasiment désert, ils entrèrent dans un camping car, le parfait cliché. Je voyais déjà les gros titres des journaux dans les jours qui allaient venir  « Un couple de vacanciers retrouvés mort dans leur camping car ». Enfin un peu d’action dans cet été où le troupeau de moutons ne s’intéressait qu’à la mort d’une pop star mondiale qui était passé dans la case des déchets humains depuis déjà quelques années.

Je vérifiais mon couteau dans ma poche arrière et m’approchais de la caravane, j’entrais subitement. La femme qui se trouvait devant l’entrée n’eut pas le temps de crier, je lui enfonçais ma lame dans la chair flasque de son ventre ramolli. Le sang jaillit en un instant, venant éclabousser les parois du véhicule, une fois que j’eus déchiré ses entrailles. Le mari, surpris,  s’extirpa du minuscule cabinet de toilette, j’eus à peine le temps de récupérer mon couteau qu’il était déjà sur moi. J’esquivais un mauvais coup et lui envoya mon poing en plein milieu de son visage. Son nez explosa, il tenta de m’attraper à la gorge, mais je l’envoyais au tapis d’un coup de pied dans le ventre. J’attrapais mon couteau et je me jetais sur lui en quelques secondes et le frappais de plusieurs coups dans l’abdomen. Il poussa son dernier souffle dans un râle sanglant.
Ces deux cons m’avaient mis dans un bel étant, je passais dans l’étroit cabinet de toilette et me passais un coup d’eau sur le visage et les bras. Avant de ressortir, je vérifiais que personne ne rodait aux alentours. Le lendemain, « La Provence »  titrait « Carnage sanglant pour un couple de hollandais ».

09.07.2009

Concours

LaVieilleDame.jpg"La dame d'un certain âge qui lit France-Soir dans un coin du compartiment est une dame comme toutes les dames d'un certain âge à l'exception toutefois qu'elle porte des chaussures d'homme..."

Voila comment doit commencer ma prochaine nouvelle "noire" dans le cadre du concours de nouvelles de "Sang pour sang polar"... J'ai du pain sur la planche... Pour mémoire, pour celui de l'an passé, j'ai écris "Cherchez la femme" (rubrique "mes nouvelles", colonne de gauche). Je vais avoir tout l'été pour y réfléchir, j'ai d'ailleurs déja quelques pistes (mais très floues...), il faudrait que j'ai terminé pour fin septembre, puisqu'en octobre, je serai en crapahutage aux confins de l'Himalaya... Bon, si vous avez des idées à me glisser, je ne suis jamais aussi bonne que quand je fais un brainstorming...

06.06.2009

Défi n°4, l'incipit

2342concierge,_annEes_70.jpgPour ce quatrième défi, Ed nous a proposé la phrase débutant un roman (en italique dans mon texte). Charge à nous d'en écrire une suite.

"La sexualité de la concierge nous préoccupait depuis quelques mois. Elle avait perdu son mari, et en avait porté le deuil une année entière. Vêtue de noir chaque jour, restant particulièrement sobre en toute circonstance, elle ne s'accordait aucun moment de distraction, ne plaisantait jamais, elle qui avait toujours été pleine de joie de vivre... Un an, jour pour jour après la mort de son Marcel, je la vis sortir de sa loge à dix heures précises, habillée d'un caleçon moulant léopard et d'un haut criard mettant particulièrement en avant ses généreux atouts. Elle s'était parée de ses bijoux les plus clinquants: colliers, grosses bagues, bracelets multicolores. Outrageusement maquillée, ses cheveux avaient également subis les foudres de son changement de look et avaient été teints d'un roux qui virait à l'orange. Elle partit perchée sur de hauts talons, son minuscule sac à mains à paillettes au bras. Quelle mouche pouvait donc l'avoir piquée ?

Elle revint dans le milieu de l'après-midi, se changeât pour nettoyer le hall d'entrée, mais l'odeur de patchouli embaumait la cage d'escalier et montait jusqu'au septième et dernier étage.

A compter de ce jour,  ce petit manège se répéta tous les jours, exception faite du dimanche, durant plusieurs mois. Je décidais donc de réunir l'ensemble des locataires afin de tenir séance. Nous n'avions pas pour habitude de nous immiscer dans la vie des uns ou des autres, mais il me semblait que la situation l'exigeait. Nous étions tous très attaché à notre concierge, qui ne nous avait jamais déçue."

07.05.2009

La notice technique

carro16.jpg
Résultat du défi n°3, lancé il y a deux jours sur ce même blog...

P.S: photo non contractuelle...

Notice technique de montage:

 

  1. Fixer le pivot (pièce A) sur la grande tige en bois (pièce B) jusqu'à entendre un clic
  2. Insérer chaque tige métallique (pièces C) dans le pivot
  3. Déplier la toile et insérer le bout de chaque tige métallique dans un embout en caoutchouc fixé à la toile

Utilisation: appuyer sur le petit bouton de la tige en bois pour déplier votre objet

Vous pouvez aller voir chez Ed ce que ça donne de son côté....

05.05.2009

Défi n°3, le mode d'emploi

communication_objet.jpgPuisque je suis rentrée et que tout le monde me semble fin prêt, je lance le défi d'écriture n°3. Je rappelle que tout le monde peut participer, dans les commentaires ou sur son propre blog, à ce sujet, il serait pas mal que les contraintes de publication soient respectées, ce serait bien que tous les textes sortent au même moment, histoire de n'influencer personne.

La consigne: écrire la notice technique d'un objet absolument inidentifiable par le lecteur (ou seulement à la fin). Petite précision, ce doit être un objet réel.

Je rajoute une contrainte de temps (évidemment), le texte doit être publié au plus tard ce jeudi vers les 20h. Essayez d'écrire le texte en une fois, d'une seule traite, en 15 minutes maximum. Les dessins sont acceptés (à condition toujours que l'on n'identifie pas l'objet en question, ce peut être un détail de l'objet).

29.04.2009

Le défi n°2

IM-1662-La-Pin-Up-a-la-plage.jpgN'en déplaise aux mauvaises langues qui sévissent chez Ed, j'ai bossé pendant mes vacances en respectant la consigne de temps... Et, pour preuve (s'il en fallait une...), nous sommes lundi soir et je PROGRAMME cette note pour mercredi matin...

Bon, la consigne, donnée par Ed, était d'écrire un texte incluant les mots suivants (tirés d'une recette de cuisine): revenir - remuer - émietter - blondir - étaler - huiler - replier - couvrir. Temps imparti: maximum 30 minutes, le texte ne doit avoir pour thème la cuisine. Et c'est parti !!!!

"J'aime revenir à cet endroit, comme tous les étés. Il fait toujours un temps très agréable, soleil et chaleur... Les gens y viennent en vacances, ils prennent leur temps, sans vraiment se remuer, loin du tumulte parisien. Ici, mes cheveux chatains blondissent et ma peau brunit au soleil. Et, quand vient la fin de l'été, je me sens comme un petit pain que l'on émiette avec délectation, doré à l'extérieur, tendre et chaud à l'intérieur. Mais, pour arriver à ce résultat, je passe énormément de temps étalée sur la plage, je n'oublie pas de couvrir mon corps entier de crème bronzante. Et, quand l'après-midi touche à sa fin, je replie ma serviette et récupère mes affaires. Arrivée chez moi, je file sous la jet frais de la douche puis huile mon corps afin de le nourrir et de l'hydrater, ce qui rend ma peau belle et souple. Et oui, ainsi se déroulent, inlassablement, mes vacances..."

14.04.2009

Le défi d'écriture (n°1)

Ed, qu'on ne présente plus, me proposait, il y a quelques jours, de lancer, à deux, un atelier d'écriture qui aurait pour place publique, nos blogs respectifs. Voilà donc le premier "défi d'écriture" proposé par mes soins. Il s'agissait d'écrire une lettre qui avait le début suivant (en italique):

Photo020 (2).jpg

Je réponds enfin à  votre lettre après un an, jour pour jour. Et je suis consciente que je vous dois une explication. Lors de notre rencontre, il y a un peu plus d’une année, je venais de vivre une longue histoire douloureuse. Comme vous me le faisiez remarquer dans votre lettre, je semblais être très malheureuse, je l’étais. C’est pourquoi, pour oublier ce chagrin qui me rongeait, je suis partie dès le lendemain de cette soirée durant laquelle nous nous sommes rencontrés. J’avais décidé de prendre du temps pour moi, du temps pour oublier et tourner la page. Je suis partie sur un coup de tête, sans prévenir personne, en n’emmenant que le strict minimum, j’ignorais moi-même où me porteraient mes pas. Voyez vous, je reviens d’un fabuleux voyage, je crois bien avoir fait le tour du monde à pieds en une année… Je n’ai pas eu le temps,  en partant, de faire suivre mon courrier, si vous saviez tout ce qui arrive dans une boîte aux lettres en un an… Toute cette quantité de papier… Et votre lettre, cachée au milieu des prospectus publicitaires… Elle m’a beaucoup touchée, vous m’y dites que vous avez été extrêmement troublé par ma personne, que vous souhaitez me revoir, que les mots qui sont écris sont plus beaux que ceux qu’on dit, car ils sont éternels, rien ni personne ne peut les effacer. Je suis tout à fait d’accord avec vous, c’est pour cette raison également que je vous écris à mon tour. Je serai ravie de vous revoir, si toutefois vous le désirez et si vous le pouvez encore. Je comprendrais qu’en un an, vous ayez pris un autre chemin. J’espère que j’aurai le plaisir d’avoir de vos nouvelles plus vite que je ne vous en ai donné moi même. Je vous excuserai si vous preniez votre téléphone plutôt que votre plume, pour accélérer les choses et rattraper le temps perdu. Je pourrai alors vous parler de cette grande aventure que je viens de vivre, je vous montrerai les paysages de Laponie et les déserts d’Afrique, je vous raconterai les monts de l’Himalaya et le Machu Picchu, je vous parlerai des indiens fleurs d’Amazonie et des papous de Nouvelle Guinée.

Je vous attends, j’y suis prête, si vous avez su être patient… A bientôt mon cher ami, tendrement vôtre.

07.04.2009

Anecdote

Photo006.jpg-Mademoiselle, vous oubliez quelque chose.

Pourtant,après une rapide vérification, je ne m'aperçois d'aucun manque. Mon gros sac est sur mon dos, je n'en ai rien sorti, et le plus petit pend en bandoulière sur mon épaule gauche. Peut être ai-je oublié mon livre  que j'ai terminé pendant le trajet... Chargée comme je le suis, je décide malgré tout de faire demi-tour dans le wagon archi-bondé, le monsieur qui m'interpelle se faisant d'autant plus pressant. Il continue de me dire que j'ai oublié un sac. Cependant, il n'y a rien sur la banquette, il doit confondre la petite poubelle noire avec une sacoche. Je lui assure que rien ne me manque, il insiste et continue de croire que j'abandonne quelque chose à la place qui m'a été attribuée pendant plus de deux heures. Tous les autres passagers me dévisagent, son insistance commence à m'irriter. Je ne dis rien, je tourne les talons et quitte le compartiment.

02.04.2009

Confidences

polar.JPGEn décembre dernier, je vous parlais d'un concours de nouvelles dans le cadre d'un festival de polar organisé en Bretagne. Il y a eu 135 participants, et je n'ai malheureusement pas été retenue dans les dix meilleures nouvelles... Tant pis, je m'y recollerai l'an prochain... En attendant, vous pouvez découvrir la nouvelle écrite pour cette occasion ci-contre (colonne de gauche, rubrique "Mes nouvelles") sous le titre de "Confidences". Précision, le thème imposé était "des hommes et des trains", bonne lecture.

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